La récolte respecte des normes strictes d'écologie afin d'éviter la dégradation des zones humides, avec des variations régionales adaptées aux écosystèmes locaux. Au Canada, les récoltants utilisent des outils manuels pour collecter sélectivement les touffes de mousse matures ayant atteint leur croissance complète (généralement âgées de trois à cinq ans), en laissant intacte une couche de 10 centimètres de mousses jeunes et de systèmes racinaires afin de permettre une régénération naturelle. Ils suivent des calendriers de récolte rotatifs, divisant les zones humides en sections et permettant à chaque section de se reconstituer pendant au moins cinq ans avant toute nouvelle récolte. En Nouvelle-Zélande, la récolte de mousse alpine est réglementée par des agences gouvernementales : les récoltants doivent obtenir des permis, suivre une formation sur la conservation des zones humides et soumettre des rapports annuels de régénération accompagnés de photos des zones récoltées. Après la récolte, les zones perturbées sont restaurées avec de la végétation indigène : dans les tourbières, les ouvriers replantent des fragments de sphaigne prélevés sur des zones saines afin d'accélérer la repousse ; dans les régions alpines, ils disséminent des graines d'herbes indigènes comme le touffeau pour stabiliser le sol et créer des microclimats ombragés favorables à la croissance de la mousse. Certains producteurs s'associent même à des organisations de conservation pour financer des projets de restauration des zones humides, garantissant ainsi que les zones récoltées restent écologiquement viables. Des scénarios d'application variés mettent en lumière la polyvalence de la sphaigne, avec des utilisations innovantes émergentes dans les industries soucieuses de l'environnement. Dans l'art floral, les fleuristes haut de gamme l'utilisent pour créer des bouquets « zéro déchet » : la mousse est façonnée en petits nids pour maintenir individuellement chaque fleur, puis assemblée en compositions sans colle ni fil métallique. Ces bouquets peuvent être démontés après usage, la mousse étant compostée et les fleurs recyclées en pot-pourri. Pour les emballages biodégradables, les entreprises alimentaires biologiques en Europe utilisent des nattes de sphaigne pour protéger des produits fragiles comme les fraises et les asperges pendant le transport. Ces nattes absorbent l'excès d'humidité pour empêcher la prolifération de moisissures et libèrent de faibles quantités de composés antimicrobiens naturels qui prolongent la durée de conservation. Contrairement à la mousse plastique, qui nécessite une élimination spéciale, ces nattes se décomposent entièrement dans des bacs à compost domestiques en trois mois. Dans l'horticulture intérieure, la sphaigne est un composant clé des systèmes de jardins verticaux destinés aux bâtiments commerciaux : mélangée à de la fibre de coco et à des liants naturels, elle forme des nattes de culture légères et flexibles qui adhèrent aux murs. Ces nattes retiennent l'humidité pour les plantes murales telles que le pothos et la perle d’Afrique, réduisant la fréquence d'arrosage de 50 % par rapport à un terreau traditionnel. Elle améliore également les installations de toits verts en milieu urbain : des couches de mousse placées entre les feuilles de drainage et la végétation réduisent le ruissellement des eaux pluviales en absorbant l'eau de pluie, puis la relâchent lentement dans l'atmosphère. Cela allège non seulement la pression sur les systèmes municipaux de drainage, mais isole aussi les bâtiments, réduisant les coûts de chauffage en hiver et ceux de climatisation en été. Le contrôle qualité de la sphaigne est rigoureux et adapté à des applications spécifiques, avec des tests tiers courants sur les marchés haut de gamme. Pour l'utilisation en culture, des analyses en laboratoire mesurent le taux de rétention d'eau en immergeant des échantillons de mousse dans de l'eau désinfectée pendant 24 heures, puis en les pesant à intervalles de 24 heures pour surveiller la libération d'humidité : la sphaigne de première qualité doit retenir au moins 15 fois son poids en eau pendant 72 heures sans saturation. Pour la mousse décorative, des tests de résistance des fibres consistent à étirer doucement les échantillons afin de garantir qu'ils résistent à la rupture lors du façonnage, et la cohérence de la couleur est vérifiée sous lumière naturelle et artificielle pour assurer une apparence uniforme dans les présentations. Pour l'emballage, des tests de compression simulent les conditions de transport : les nattes de mousse sont comprimées avec des poids normalisés pour vérifier qu'elles reprennent leur forme après pression, évitant ainsi d'endommager les produits fragiles. Des tests de biodégradation placent les échantillons dans des environnements compost contrôlés, les critères de réussite exigeant une décomposition de 90 % en six mois. Les déchets de mousse recyclés — tels que les chutes issues de la production décorative et la mousse de culture usagée — trouvent une nouvelle vie de plusieurs manières : broyés en fines particules, ils sont mélangés au terreau pour améliorer la rétention d'humidité ; compressés en petits disques, ils servent de godets germinateurs biodégradables pouvant être plantés directement dans le sol, éliminant ainsi les godets en plastique. Ce système en boucle fermée garantit un gaspillage minimal et maximise la valeur écologique du matériau. Outre ces utilisations principales, la sphaigne gagne en popularité dans les projets de restauration écologique. Elle est utilisée pour stabiliser le sol dans les zones touchées par les incendies ou l'exploitation minière : des couches de mousse sont étendues sur les sols nus, où elles retiennent l'humidité et empêchent l'érosion tout en offrant un environnement propice à la germination des graines de plantes indigènes. Dans la restauration des zones humides, des fragments de mousse sont introduits dans les tourbières dégradées pour accélérer la formation de tourbe, contribuant ainsi à la reconstruction d'écosystèmes captables de carbone. Ces applications émergentes renforcent encore davantage le rôle de la sphaigne comme matériau polyvalent et écologique, conforme aux objectifs mondiaux de durabilité.